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Recherche climatique

Les Alpes, témoins du réchauffement climatique

 

Depuis 1958, la température a augmenté de 1 à 3 °C dans les Alpes françaises. C'est la conclusion d'une étude réalisée par le Centre d'études de la neige de Météo-France.

Les difficultés d'une étude de l'enneigement
Les études climatologiques les plus répandues concernent la température de l'air. Les chercheurs disposent de séries de mesures nombreuses sur de longues périodes.

La climatologie de l'enneigement s'appuie sur des observations de hauteurs de neige. Or ces mesures n'ont commencé qu'à la fin des années 70. De plus, ces données sont lacunaires (hormis en hiver et au début du printemps), surtout en haute montagne, au-delà de 1500 m d'altitude.

Afin de pallier ces lacunes, le Centre d'études de la neige a mis au point une méthode originale. Il a reconstitué l'enneigement des Alpes avec des données météorologiques observées ou estimées grâce à des modèles numériques.

Il s'agit de la première étude globale de l'enneigement alpin sur 45 ans (1958-2002).

Pourquoi étudier l'enneigement alpin ?
L'économie alpine dépend du manteau neigeux. Sa connaissance et son évolution passée intéressent divers secteurs : les stations de ski, l'agriculture, les parcs nationaux…

En recherche, cette information permet de mieux comprendre l'évolution de phénomènes naturels : les populations animales en montagne, la migration des espèces végétales, les glissements de terrains ou les avalanches. De plus, le manteau neigeux est très sensible au réchauffement de l'atmosphère et son évolution permet de détecter les tendances climatiques.

Evolution de l'enneigement sur 45 ans
Cette étude met en évidence des hivers particulièrement déficitaires (1964, 1973, 1989, 1993, 2002) ou excédentaires (1960, 1966, 1978, 1982). De manière générale, les années les mieux enneigées appartiennent à la décennie 1975-1985, alors que les moins bien enneigées se situent au début des années 1970 et entre 1987 et 1993.

Ces résultats diffèrent selon le massif considéré, avec des contrastes nord-sud très marqués certaines années. L'enneigement varie beaucoup d'une année à l'autre, les années les plus récentes sont majoritairement déficitaires.

Température : + 1 à 3 degrés en quarante-cinq ans
La température de l'air à 1800 m en hiver a augmenté de 1 à 3 °C selon les massifs au cours des 45 dernières années. Ce réchauffement est plus marqué que celui de l'ensemble du territoire français au cours du 20ième siècle (de l'ordre de 1°C).

Les Alpes françaises sont très exposées au réchauffement de l'atmosphère en période hivernale. Cette augmentation est surtout effective depuis les années 80 et 90 (période pendant laquelle le réchauffement s'est accentué) et marquée en milieu et fin d'hiver. Les températures de début d'hiver n'évoluent pas de manière significative.

Evolution des précipitations
La mise en évidence de tendances nécessite une climatologie suffisamment longue. Pour évaluer l'évolution des précipitations et de l'enneigement, une période de 45 ans est insuffisante. Les chutes de neige et l'enneigement qui en résulte sont très variables d'une année à l'autre. Ainsi, en supprimant deux ou trois hivers de la série analysée, les tendances peuvent beaucoup changer. La confiance dans ces résultats est donc assez limitée.

Aucune tendance claire n'apparaît pour les précipitations (pluie, neige). Leur variabilité inter annuelle est considérable (les écarts peuvent doubler d'une année à l'autre). On note une légère tendance à l'augmentation des précipitations annuelles, surtout due à l'augmentation des précipitations estivales et printanières. Quant aux chutes de neige, elles diminuent légèrement sous l'effet du réchauffement de l'air.

La hauteur de neige au sol moyenne en hiver varie fortement d'une année à l'autre, selon la température de l'air et les précipitations neigeuses.
Elle dépend aussi fortement de la chronologie des événements. Un hiver peut être bien enneigé même s'il neige relativement peu, si la neige tombe en début de saison et que la température de l'air reste ensuite basse toute la saison.
Dans les Alpes du nord, on relève un enneigement moyen constant jusqu'à la fin des années 80, puis celui-ci diminue. Dans les Alpes du sud, la diminution la plus forte date des années 60, puis 80.

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