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Réchauffement climatique

Petit lexique du climat

 

Un peu d'histoire
GIEC
Rio (Sommet de la Terre) ­
Scénarios
Kyoto (protocole de)
Le « panier de Kyoto »
Permis d'émission
Le « facteur 4 »
MIES
ONERC
Météo-France
ADEME
­« Sans regrets »

 

 

Un peu d'histoire
En 1824, le mathématicien et physicien français Jean-Baptiste Fourier distingue la "chaleur lumineuse" reçue du Soleil et la "chaleur obscure " venant de la surface mais traversant plus difficilement l'atmosphère, conduisant ainsi à réchauffer la surface terrestre.
En 1896, le chimiste suédois Svante Arrhenius attire l'attention sur le réchauffement lié aux rejets de gaz carbonique dus à l'utilisation du charbon.
En 1959, les taux de concentration de CO2 dans l'air sont mesurés pour la première fois de façon systématique et continue à Hawaï.


GIEC
www.ipcc.ch
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (sigle anglais IPCC Intergovernmental Panel on Climate Change). Organisation mise en place en 1988, à la demande du G7, sous l'égide de l'Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l'environnement. Le Giec est chargé « d'expertiser l'information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l'homme ».
Depuis sa création, le Giec a élaboré quatre rapports d'évaluation (1990, 1995, 2001 et 2007) et quantité d'autres sur des points particuliers.
Le premier rapport d'évaluation du Giec dressait le bilan des connaissances scientifiques sur les changements climatiques et leurs possibles répercussions sur l'environnement, l'économie, la société. Ce rapport a servi de base scientifique à la Convention-cadre sur le climat (Rio, 1992).
Le dernier rapport a été publié en 2007 et comprend comme les précédents un premier volet sur les bases scientifiques du changement climatique, un second volet sur les impacts des changements et sur l'adaptation dans les différents secteurs socio-économiques, un troisième volet sur la réduction des émissions et une synthèse. Le prochain rapport sera publié en 2012.
Environ mille spécialistes du monde entier participent directement à la rédaction des rapports d'évaluation, tandis que deux mille cinq cents prennent part au processus d'examen. Il s'agit d'un réseau d'envergure mondiale rassemblant des scientifiques de diverses disciplines (météorologie, glaciologie, océanographie, économie, etc.). Il est dirigé par un bureau d'une trentaine de personnes où la France est représentée par Jean Jouzel, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace (IPSL).


Rio (Sommet de la Terre)
Du 3 au 14 juin 1992, cent trente et un chefs d'État sont réunis à Rio de Janeiro (Brésil). Ils adoptent l'Agenda 21, liste de deux mille cinq cents recommandations d'action pour le XXI e siècle. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques est ouverte à la signature. Son objectif est de stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à un niveau qui empêche toute perturbation humaine dangereuse du système climatique, laissant le soin aux protocoles qui suivront (voir protocole de Kyoto) de fixer les détails.
Après sa ratification par cinquante États, la convention est entrée en vigueur le 21 mars 1994. Ce premier Sommet de la Terre marque la prise de conscience internationale du risque de changement climatique.


Scénarios
Pour anticiper ce que seront les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, le Giec a défini un ensemble de scénarios socio-économiques pour le XXI e siècle combinant diverses hypothèses sur les évolutions de la population et de la ressource énergétique, sur la progression de la mondialisation des échanges, etc. Il en découle des scénarios d'évolution des concentrations de ces gaz dans l'atmosphère et, grâce aux modèles de simulation numérique du climat, des scénarios du climat futur sur le globe.


Kyoto (protocole de)
Adopté en 1997 à Kyoto (Japon), ce protocole impose aux pays industrialisés de réduire globalement de 5,5 %, par rapport au niveau atteint en 1990, leurs émissions de gaz à effet de serre moyennées sur la période 2008-2012. Pour entrer en vigueur, le protocole de Kyoto devait être adopté par au moins cinquante-cinq pays représentant au moins 55 % des émissions de CO2. Suite à la ratification de la Russie en novembre 2004, le protocole est entré en vigueur le 16 février 2005.
Les États-Unis, qui à eux seuls émettent environ le quart du total des gaz à effet de serre d'origine humaine, ont décidé en 2001 de ne pas ratifier le protocole.
L'Europe s'est engagée à réduire ses émissions d'équivalent CO2 de 8 %. Ce chiffre traduit de fortes disparités : réduction de 21 % pour l'Allemagne, de 15 pour l'Espagne, de 12,5 pour le Royaume-Uni, de 6,5 pour l'Italie, et de zéro pour la France. Le simple maintien des émissions en France, par rapport à 1990, vient de ce que des économies d'énergie importantes avaient déjà été obtenues dans les années 1970, époque de la « chasse au gaspi », et de ce que la part importante du nucléaire dans la production électrique lui assure un faible volume de rejet de gaz à effet de serre.


Le « panier de Kyoto »

Les gaz à effet de serre (GES) sont nombreux. Le protocole de Kyoto ne s'applique qu'aux principaux d'entre eux, c'est-à-dire :

  • gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2). Provient essentiellement de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation.
  • méthane (CH4). A pour origine principale l'élevage des ruminants, la culture du riz, les décharges d'ordures ménagères, les exploitations pétrolières et gazières…
  • halocarbures (HFC et PFC). Gaz réfrigérants utilisés dans les systèmes de climatisation et la production de froid, gaz propulseurs des aérosols… Suite au protocole de Montréal (1987), les halocarbures ont remplacé les chlorofluorocarbures (CFC) particulièrement nocifs pour l'ozone stratosphérique.
  • protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N2O). Provient de l'utilisation des engrais azotés et de certains procédés chimiques.
  • hexafluorure de soufre (SF6). Utilisé par exemple dans les transformateurs électriques

 

L'ozone (O3), le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d'azote (NOx) et les composés organiques volatiles (COV) interviennent également dans l'effet de serre, mais ne sont pas concernés par le protocole de Kyoto.


Permis d'émission
Pour faciliter la réalisation des engagements pris, le protocole de Kyoto prévoit la possibilité pour les pays de recourir à des mécanismes dits « de flexibilité », en complément des politiques et mesures qu'ils devront mettre en œuvre au plan national.
Ces mécanismes sont au nombre de trois :

  • les « permis d'émission » (que certains appellent « permis de polluer »), cette disposition permet de vendre ou d'acheter des droits à émettre entre pays industrialisés
  • la « mise en œuvre conjointe » (MOC) qui permet, entre pays développés, de procéder à des investissements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier des crédits d'émission générés par les réductions ainsi obtenues
  • le « mécanisme de développement propre » (MDP), proche du dispositif précédent, à la différence que les investissements sont effectués dans un pays en développement

Le « facteur 4 »
Cette expression brève, utilisée dans divers rapports depuis 1995, définit le facteur par lequel il faudrait diviser les émissions de gaz à effet de serre.
À la lumière des rapports du Giec, l'Union européenne a décidé qu'il fallait contenir le réchauffement climatique à hauteur de 2 °C. Pour cela, il faut diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. Compte tenu de la responsabilité historique des vieilles nations industrielles et afin de ne pas ruiner les espoirs de développement des pays du Sud, cet objectif conduit à une division par quatre ou cinq des émissions des pays industrialisés pour la même échéance. La France a fait sienne cette perspective.


MIES
www.effet-de-serre.gouv.fr
Mission interministérielle de l'effet de serre. La Mies est chargée de coordonner l'action de la France dans sa lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (mise en action et suivi du Plan Climat) et de représenter le gouvernement dans les nombreuses réunions internationales portant sur le sujet. Placée sous l'autorité du ministre de l'Écologie et du Développement durable et du Délégué interministériel au développement durable, elle est constituée d'une douzaine d'experts mis à disposition par des ministères ou des établissements publics opérant dans les secteurs d'activité concernés (agriculture et forêts, transport, énergie et habitat, collectivités locales, etc.). Elle publie différents documents, dont la Communication nationale à l'ONU, qui récapitule ce qui est fait en France en matière de mesures, de recherche et de lutte contre le changement climatique (prochaine édition en 2005).


ONERC
www.onerc.gouv.fr
L'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) est rattaché au ministère de l'Écologie et du Développement durable et au Délégué interministériel au développement durable. Il est chargé de collecter et de diffuser informations, études et recherches sur les risques liés au réchauffement climatique et aux phénomènes climatiques extrêmes, et d'en informer le Premier ministre et le Parlement.


Météo-France

www.cnrm.meteo.fr/curieux/climat/climat.htm
Le Centre national de recherches météorologiques (CNRM) et la Direction de la Climatologie de Météo-France ont apporté une contribution à l'élaboration du quatrième rapport d'évaluation du Giec (2007). Le CNRM et l'IPSL (Institut Pierre Simon Laplace) sont les deux groupes de modélisation français parmi la quinzaine de groupes de recherche internationaux ayant simulé l'évolution de l'atmosphère à partir d'une dizaine de scénarios différents. Ces scénarios couvrent les XX ème et XXI ème siècles et comprennent pour la première fois des scénarios de stabilisation des concentrations des gaz à effet de serre sur la période 2100-2300. Le CNRM et l'IPSL disposent chacun d'un modèle couplé océan-atmosphère.


ADEME
www.ademe.fr
Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. L'Ademe est un établissement public ayant pour mission de susciter, animer, coordonner, faciliter, ou réaliser des opérations ayant pour objet la protection de l'environnement et la maîtrise de l'énergie. En matière de lutte contre le réchauffement climatique, l'Ademe intervient à la fois par un travail de communication (conseils aux particuliers pour réduire leur consommation énergétique) et par le financement de programmes de recherche ou de démonstration sur les véhicules, les bâtiments, les nouvelles technologies, les énergies renouvelables.


« Sans regrets »
Le réchauffement climatique est en route mais son ampleur et ses conséquences (fréquence et violence des tempêtes, nombre de jours de canicule, occurrence des sécheresses…) sont souvent incertaines. Dans ces conditions, parmi toutes les actions à long terme que l'État et les collectivités territoriales doivent planifier, autant commencer par celles qui sont d'une utilité manifeste, quelles que soit l'évolution climatique ou les solutions techniques à venir. Elle sont qualifiées d'actions « sans regrets ».

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