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Quelques questions en débat

1. Le climat a-t-il toujours changé ?

Oui.

Depuis des milliards d'années, le climat varie continuellement à cause de facteurs naturels externes, comme les variations de la répartition entre les continents et les océans, celles des paramètres astronomiques, la variabilité du rayonnement émis par le soleil, le volcanisme, etc., ou à cause de la variabilité interne au système climatique, liée en particulier aux interactions entre ses différentes composantes (atmosphère, océans, surfaces continentales, banquise, calottes glaciaires, etc.)

Mais cela ne contredit pas le fait que l'essentiel de l'accroissement observé de la température moyenne globale depuis le milieu du 20ème siècle est très probablement dû à l'augmentation observée des concentrations des gaz à effet de serre d'origine humaine.


2. Le climat était-il plus chaud il y a 1000 ans ?

Peut-être.

Dans son rapport le GIEC n'exclut pas que, au cours des 1300 dernières années, il y ait eu des périodes de 50 ans plus chaudes que les 50 dernières années du 20ième siècle. Si de telles périodes ont existé, la cause ne peut être évidemment que principalement d'origine naturelle. Mais, même si c'était le cas, cela ne remettrait pas en cause le rôle très probablement (plus de 9 chances sur 10) dominant des activités humaines dans l'évolution du climat récent (depuis 1950), par comparaison aux facteurs naturels.


3. La température de l'air à la surface de la planète décroît-elle depuis 10 ans ?

Non.

La température moyenne de l'air à la surface de la planète a augmenté au cours de la décennie 1999-2008 et, d'après les dernières estimations de l'Organisation Météorologique Mondiale concernant 2009, la décennie 2000-2009 sera plus chaude que la précédente (1990-1999), laquelle était déjà plus chaude que la décennie 1980-1989.

Il n'est cependant pas exclu que la température moyenne planétaire (et a fortiori celle de la France métropolitaine) puisse diminuer sur une des périodes de 10 ans à venir, en raison de la variabilité naturelle du système climatique.

Mais cela ne remettrait pas en cause la réalité du changement climatique récent qui doit être analysé à l'échelle du siècle.


4. Peut-on dire que c'est le CO2 qui est le moteur du climat ?


Non.

Le CO2 n'est pas le seul moteur du climat. Il agit sur le climat en augmentant l'effet de serre, même si le principal gaz à effet de serre reste la vapeur d'eau. Mais d'autres facteurs expliquent aussi l'évolution du climat (voir la réponse à la première question).

Cependant le CO2 est parmi les gaz à effet de serre d'origine humaine celui qui joue le rôle le plus important, en raison de sa concentration plus élevée et de sa longue durée de vie dans l'atmosphère : environ 20% du CO2 émis aujourd'hui sera encore présent dans l'atmosphère dans un millier d'années.


5. La Terre a-t-elle connu des périodes avec beaucoup plus de CO2 dans l'atmosphère ?

Oui.

La concentration du CO2 atmosphérique a aussi beaucoup varié aux différents âges de la Terre et a été parfois beaucoup plus élevée qu'actuellement (peut-être 10 fois les concentrations actuelles par exemple il y a 60 millions d'années).

Mais la concentration moyenne observée aujourd'hui (environ 388 ppmv ou parties par million volumique) n'a très probablement pas été dépassée depuis au moins 650000 ans.


6. Dans l'analyse des carottes glaciaires, est-ce que le réchauffement précède l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère ? Que peut-on en conclure ?

Oui.

Le début du réchauffement qui fait passer d'une ère glaciaire à une ère interglaciaire précède de quelques siècles l'augmentation de la concentration du CO2 atmosphérique. L'origine de la transition entre une ère glaciaire (la dernière datant d'environ 20000 ans) et une ère interglaciaire est liée à la modification des paramètres orbitaux de la Terre, c'est-à-dire la forme plus ou moins circulaire de son orbite autour du soleil.

Pour autant, cela ne démontre pas qu'il ne peut pas y avoir de relation de cause à effet entre le changement de la concentration du CO2 et le changement de température.

Il s'agit  d'un exemple d'une des nombreuses rétroactions du système climatique : une cause, ici le réchauffement lié à la modification des paramètres orbitaux de la Terre,  produit un effet, ici l'augmentation du CO2, mais cette augmentation du CO2 amplifie à son tour le réchauffement initial. Sans cette rétroaction positive, on ne saurait pas expliquer la totalité de l'amplitude du réchauffement estimé entre le dernier maximum glaciaire d'il y a 20000 ans et le climat actuel (4 à 7°C en moyenne à l'échelle planétaire).


7. Les rayonnements cosmiques sont-ils la cause du réchauffement des 50 dernières années?

Très vraisemblablement non.

Les mesures régulières de neutrons effectuées sur plusieurs sites de mesure dans le monde permettent indirectement de déduire que le rayonnement cosmique, qui varie suivant le cycle de 11 ans de l'activité solaire, ne montre pas de tendance significative à la hausse sur les 50 dernières années. En savoir plus
Même si l'on admettait l'existence d'un mécanisme liant les rayonnements cosmiques au climat (non démontré actuellement), il ne pourrait pas expliquer l'essentiel de la variation de la température moyenne du dernier demi-siècle.


8. La variabilité solaire est-elle la cause principale du réchauffement récent ?

Très vraisemblablement non.

Les études les plus complètes concernant l'attribution des changements climatique récents à différentes sources utilisent l'ensemble de l'information disponible tirée des observations, - en particulier les variations spatiales et temporelles de la température et les variations du rayonnement émis par le soleil - et la synthèse des connaissances acquises sur le fonctionnement du système climatique, réalisée par la modélisation climatique. Aucune d'entre elles n'a mis en évidence un rôle prépondérant de la variabilité solaire sur le réchauffement récent (depuis 1950).

Parmi les publications parues et discutées dans le rapport du GIEC, dans l'une d'entre elles, les auteurs concluent que les modèles climatiques pourraient sous-estimer l'amplitude de la réponse simulée du climat à la variabilité solaire. Mais, malgré cette hypothèse qui nécessite confirmation, ces mêmes auteurs concluent que le signal de changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre reste le signal dominant de la deuxième moitié du 20ème siècle.



9. A-t-on des preuves que l'homme est responsable du changement climatique ?

Oui.

Les premiers travaux sur le sujet datent d'une quinzaine d'années. Ils sont basés sur une comparaison entre les observations et des simulations du climat qui prennent en compte de manière séparée les différentes origines possibles de l'évolution du climat à l'échelle du siècle (la variabilité solaire, le volcanisme, les concentrations de gaz à effet de serre et de particules liées aux activités humaines). Au cours de ces dernières années ces travaux se sont multipliés et ont concerné un ensemble plus étendu de paramètres. Les conclusions des experts du GIEC sur le rôle des activités humaines sur le réchauffement récent s'appuient sur l'analyse de la littérature scientifique qui fait l'objet d'un chapitre du rapport de 2007.


10. Les scientifiques du GIEC sont-ils tous du même avis ?

Non.

Les rapports du GIEC rendent compte des questions qui sont débattues dans la communauté scientifique dès lors que les éléments du débat font l'objet de publications. Certaines questions font l'objet de synthèses dont le niveau d'incertitude est traduit par des expressions du type « il est probable que? » (plus de 2 chances sur 3), « il est très probable que?. » (plus de 9 chances sur 10). ?. Mais d'autres questions qui n'ont encore fait l'objet que de peu d'analyses sont parfois évoquées sans donner lieu à une conclusion de synthèse, comme le rôle de la fonte des calottes polaires sur la montée du niveau des mers dans le rapport de 2007.


11. Les données climatiques sont-elles accessibles ?

Oui.

A Météo-France, les données climatiques nationales sont accessibles sur demande, pour la recherche et la formation. Les données météorologiques dont elles sont extraites sont partagées à l'échelle mondiale. Ainsi, d'après le Climate Research Unit, 95% des données que ce centre a utilisées pour étudier l'évolution climatique de la température globale sont disponibles dans la base de données du « Global Historical Climatology Network » du National Climatic Data Center aux USA.

Mais les données brutes ne peuvent pas être utilisées sans un travail scientifique préalable. En effet, au-delà des contrôles techniques « de routine » effectués pour éliminer les valeurs erronées (mauvaise transcription, dysfonctionnement d'un capteur, ?.), l'analyse des tendances climatiques nécessite la correction des biais de mesure (liés à un mode d'observation, ?) et l'homogénéisation de longues séries de données (identification et correction des effets de déplacement de station de mesure, de changement de capteur, ?).


Notre dossier Réchauffement climatique : le constat, la cause, le climat du futur



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